Comment tout a commencé
CAPA tient ses premiĂšres rĂ©unions Ă lâHĂŽpital Queen Elizabeth, Ă©labore une charte et des rĂšglements, Ă©lit un conseil dâadministration et obtient sa premiĂšre subvention de fonctionnement.
AprĂšs avoir obtenu ma maĂźtrise en troubles de la communication humaine de lâUniversitĂ© Mcgill (spĂ©cialisation en audiologie), jâai obtenu mon premier poste Ă lâHĂŽpital Queen Elizabeth Ă lâautomne 1977. Ă cette Ă©poque, dans les cliniques dâaudiologie hospitaliĂšres, la majoritĂ© du travail consistait Ă tester les gens : un client par heure, cinq jours par semaine. Jâai aimĂ© le travail et jâai vraiment aimĂ© interagir avec mes patients.
AprĂšs quelques mois de travail, jâai rĂ©alisĂ© quâil manquait quelque chose dâimportant dans ce service dâaudiologie, câest-Ă -dire du temps pour aider les clients ayant une perte auditive importante et des difficultĂ©s de communication. AprĂšs les tests, lorsque nous avions quelques minutes pour discuter, les clients exprimaient leur frustration, leur colĂšre et leur dĂ©tresse au sujet de leur perte auditive et de ses rĂ©percussions sur leur vie.
Nous nâavions pas le temps de discuter de ces prĂ©occupations pendant les rendez-vous dâune heure, et je commençais Ă ĂȘtre trĂšs frustrĂ©e par cette situation. Je savais quâil y avait quelques cours de lecture labiale qui se donnaient dans la ville, mais câĂ©tait Ă peu prĂšs tout. Apprendre Ă lire sur les lĂšvres seul, bien quâimportant, nâĂ©tait quâune partie de la solution. Bien sĂ»r, les adultes Ă©taient Ă©quipĂ©s dâappareils auditifs mais ils devaient ensuite se dĂ©brouiller par eux-mĂȘmes, avec seulement quelques informations de base.
Jâai rĂ©alisĂ© quâun groupe de rĂ©adaptation auditive devait ĂȘtre organisĂ©, mais avec une approche unique. Lâaccent serait mis sur la collaboration, le partage des difficultĂ©s et de lâinformation et la recherche de solutions constructives, dans un environnement sans jugement oĂč tout le monde pourrait ĂȘtre Ă©coutĂ© et compris. Autrement dit, le groupe serait sans agenda fixe et serait axĂ© sur le soutien, la comprĂ©hension, les clients et les solutions â et non sur lâaudiologie.
Jâai commencĂ© Ă parcourir mes dossiers la nuit, Ă identifier les personnes qui avaient une perte auditive importante et Ă parler de ce groupe aux nouveaux clients que je rencontrais â des gens comme Lily Bernstein, Alvin Goldman et Ed Plover. Des lettres ont Ă©tĂ© envoyĂ©es pour offrir aux patients un cours de groupe de huit semaines intitulĂ© Lecture labiale et stratĂ©gies de communication, mais tous les participants comprenaient quâil y avait lĂ une forte composante dâentraide.
Nous avons reçu suffisamment de rĂ©ponses positives pour former un groupe pendant la journĂ©e et un autre le soir pour accommoder les gens qui travaillaient. Les participants du groupe Ă©taient motivĂ©s et convaincus quâils ne devaient pas sâarrĂȘter aprĂšs la sĂ©ance de huit semaines. Ils estiment quâil fallait crĂ©er une organisation pour rĂ©pondre aux besoins des adultes malentendants. Des leaders naturels ont Ă©mergĂ©. Et le reste, comme nous le disons, appartient Ă lâhistoireâŠ